Emploi martinique : évolutions et définitions
En 2009, 161 000 Martiniquais sont présents sur le marché du travail. Ils représentent 52% de la population de la population des 15 ans ou plus. Ils sont plus nombreux que l’an passé. Le département compte 2 000 personnes supplémentaires en emploi. Malgré cela,
la Martinique manque toujours d’emplois : sur 100 personnes de 15 ans ou plus, 40 sont en emploi, contre 52 en France métropolitaine. En revanche, la Martinique, confrontée à un chômage structurel élevé, compte 1 400 chômeurs de plus par rapport à l’an passé. Les chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) sont 36 100, soit un Martiniquais de 15 ans ou plus sur dix. La part du chômage y est trois fois plus importante qu’en France métropolitaine. Par ailleurs, les inactifs souhaitant travailler sont également plus nombreux. En un an, le halo autour du chômage progresse de 2 700 personnes. Le taux d’activité de la population martiniquaise de 15 à 64 ans s’établit à 62%, soit une hausse de 1 point par rapport à l’an passé. Il se situe à 7 points en dessous de celui de la France métropolitaine. La faiblesse du taux d’activité des jeunes martiniquais témoigne de leurs difficultés à se positionner sur le marché du travail : l’écart avec la France métropolitaine s’élève à 12 points. En revanche, pour les 55-64 ans, le taux d’activité martiniquais est supérieur à celui de la
France métropolitaine (1 point). Quant aux femmes, elles sont moins souvent présentes sur le marché du travail que les hommes ; le taux d’activité des femmes est de 60%, contre 65% pour les hommes.
Définitions
Halo autour du chômage : il s’agit des personnes qui souhaitent travailler et qui sont classées comme inactives au sens du BIT, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu’elles ne recherchent pas effectivement un emploi.
Population active (au sens du BIT) regroupe la population active ayant un emploi et les chômeurs.
Population active ayant un emploi (au sens du BIT) comprend les personnes (âgées de 15 ans ou plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu’une heure) au cours d’une semaine de référence, qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elle comprend aussi les personnes pourvues d’un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour un motif tel qu’une maladie (moins d’un an), des congés payés, un congé de maternité, un conflit du travail, une formation, une intempérie,.etc. Les apprentis et les stagiaires rémunérés effectuant un travail font partie de la population active occupée.
Taux d’activité : le taux d’activité est égal au nombre d’actifs (actifs ayant un emploi et chômeurs) rapporté à l’ensemble de la population
correspondante.
En 2009, sur 100 personnes de 15 à 64 ans, 49 sont en emploi. Les femmes le sont moins souvent que les hommes : sur 100 femmes de 15 à 64 ans, elles sont 46 à disposer d’un emploi. Le taux d’emploi des 55-64 ans atteint 41%. La Martinique manque d’emplois. Pour
atteindre les objectifs européens fixés à Lisbonne, il faut créer 21 emplois pour 100 personnes de 15 à 64 ans, dont 14 emplois pour 100 femmes de 15 à 64 ans et 9 emplois pour 100 seniors. Au 31 décembre 2007, la Martinique compte 119 200 emplois salariés. La plupart d’entre eux travaillent dans les services non marchands (42 %) et les services marchands (39 %). Viennent ensuite l’industrie (7 %), la construction (7 %) et l’agriculture (4 %). Par rapport à 2006, l’effectif salarié se contracte de 1%. Cette baisse touche les services non marchands, l’agriculture et l’industrie.
Définitions
Le taux d’emploi des 15 à 64 ans : nombre d’individus de 15 à 64 ans ayant un emploi rapporté au nombre total d’individus de 15 à 64 ans.
Secteur d’activité : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d’activité économique considérée). L’activité d’un secteur n’est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d’autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré. Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.
Les estimations d’emploi : elles fournissent des séries d’emploi. Depuis le recensement général de 1999, les indices d’évolution annuelle de l’emploi sont calculés par département et par secteur à partir d’une synthèse de sources administratives. Ces indices d’évolution sont ensuite appliqués aux niveaux d’emploi issus du recensement. L’ensemble des sources utilisées (plus d’une vingtaine au total) permet de couvrir la totalité du champ de l’emploi salarié.
Au 31 décembre 2006, l’emploi public s’élève à 34 900 personnes, hors emplois aidés, réparties en trois statuts : 45% dans la fonction publique d’État ; 39% dans la fonction publique territoriale ; 17% dans la fonction publique hospitalière.
Au 31 décembre 2007, les agents de l’État sont au nombre de 14 100. L’Éducation nationale est le premier employeur de l’État. Il emploie 66% de l’effectif des ministères civils. Suivent le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de l’Économie et des Finances. A eux trois, ils représentent 85% de l’effectif des ministères civils.
Au 31 décembre 2007, l’effectif des collectivités territoriales se monte à 17 600 agents. La majorité d’entre eux travaillent dans les communes. Enfin, la fonction publique hospitalière compte 6 900 agents. Un emploi sur dix est occupé par les personnels médicaux et
internes.
Définitions
Agent de l’État : ensemble du personnel employé dans les différents ministères (hors Défense nationale) et rémunéré sur le budget de l’Etat.
Fonction publique territoriale : ensemble du personnel employé par les collectivités locales (régions, départements, communes), par les établissements publics locaux dépendant des collectivités locales, et par certains organismes locaux, soit publics à caractères marchands, soit privés à caractère non marchand.
Fonction publique hospitalière : ensemble du personnel médical et non médical appartenant aux établissements d’hospitalisation publics, syndicats interhospitaliers, hospices publics.
Au deuxième trimestre 2009, les chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) représentent 22% de la population active martiniquaise, soit 0,4 point de plus que l’année précédente. La situation des hommes devient plus difficile : à tous les âges, le taux de
chômage des hommes augmente alors que celui des femmes diminue. Quant aux jeunes martiniquais présents sur le marché du travail, leur insertion professionnelle, déjà très difficile en 2008, se détériore en 2009 : six actifs de 15 à 24 ans sur dix sont au chômage.
Au 31 décembre 2008, le Pôle Emploi Martinique compte 40 900 demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois des catégories A, B, C. Il s’agit principalement de femmes. Elles sont souvent inscrites à Pôle Emploi depuis plus longtemps que les hommes : 48% des femmes sont demandeurs d’emploi depuis plus d’un an, contre 42% des hommes. L’inscription des seniors est également plus durable que celle des jeunes : 59% des 50 ans ou plus sont demandeurs d’emploi depuis un an au moins, contre 24% des moins de 25 ans. La plupart des demandeurs d’emplois ont une qualification d’employé. Cette tendance s’exacerbe pour les femmes : neuf demandeuses d’emploi des catégories A, B, C sur dix ont une qualification d’employé.
Définitions
Chômeurs au sens du BIT : en application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions : être
sans emploi, c’est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ; être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ; avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) est la proportion du nombre de chômeurs au sens du BIT dans la population active au sens du BIT. Demandeurs d’emplois en fin de mois des catégories A, B, C : conformément aux recommandations du rapport du Cnis sur la définition d’indicateurs en matière d’emploi, de chômage, de sous-emploi et de précarité de l’emploi (septembre 2008), la Dares et Pôle emploi présentent à des fins d’analyse statistique les données sur les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en fonction des catégories A, B, C, D, E.
- catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
- catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;
- catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois).Définitions supplémentaires
Contrat d’apprentissage : contrat qui permet aux personnes de 16 à 25 ans de travailler et de suivre un enseignement en alternance conduisant à l’obtention d’un diplôme ou d’un titre à finalité professionnelle.
Contrat de qualification : contrat à durée déterminée concernant l’embauche de jeunes de moins de 26 ans dans le secteur marchand. Suivant le principe de l’alternance entre occupation d’un emploi et formation, il comporte l’acquisition d’un diplôme ou d’un titre reconnu ; il a été remplacé depuis 2004 par le contrat de professionnalisation.
Contrat de professionnalisation : contrat destiné à permettre l’acquisition par les 16-25 ans et demandeurs d’emploi de 26 ans ou plus, d’une qualification professionnelle en relation avec les besoins identifiés par les branches professionnelles, au moyen d’une formation en alternance.
Contrat d’accès à l’emploi : il remplace Outre-mer le contrat de retour à l’emploi et s’adresse aux bénéficiaires du RMI, aux chômeurs de longue durée et aux personnes handicapées. Il concerne les entreprises du secteur marchand, qui se voient octroyer, sous conditions, une aide forfaitaire de l’Etat, une aide à la formation et une exonération de cotisations patronales de sécurité sociale. Le contrat peut être à durée déterminée ou indéterminée.
Contrat d’insertion – revenu minimum d’activité (CI-RMA) : dans le secteur marchand, contrat qui vise à faciliter l’insertion professionnelle des allocataires du RMI, de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), de l’allocation de parent isolé (PAI) ou de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui rencontrent des difficultés particulières d’accès à l’emploi.
Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise (ACCRE) : Ce dispositif vise à faciliter tant la structuration des projets de création ou de reprise d’entreprise que le développement des activités ainsi créées, sous forme individuelle ou en société. L’ACCRE consiste en une exonération de cotisations sociales permettant le maintien, pour une durée déterminée, de certains minima sociaux.
Projet initiative jeune (PIJ) : aide financière à la création ou à la reprise d’entreprise, accordée aux jeunes de 18 à 30 ans qui s’implantent en Martinique.
Contrat d’accompagnement dans l’emploi : dans le secteur non marchand, contrat à durée déterminé destiné à faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi.
Contrat d’insertion par l’activité : contrat à durée déterminée (3 mois au minimum) s’adressant aux titulaires du revenu minimum d’insertion (RMI) dans les départements d’Outre mer pour exercer une activités d’utilité sociale, pouvant favoriser ainsi leur réinsertion sociale et professionnelle.
Contrat d’avenir : dans le secteur non marchand, contrat à durée déterminé à temps partiel destiné aux allocataires de minima sociaux tels que bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI), de l’allocation solidarité spécifique (ASS), de l’allocation parent isolé (API)…
Source : insee, Tableaux économiques régionaux Martinique
