Emploi Martinique : Un lycéen sur deux sorti du système scolaire est à la recherche d’un emploi
Dans un contexte économique délicat, l’insertion professionnelle des jeunes est très difficile. Sept mois après l’arrêt de leurs études au lycée, un jeune sur deux est à la recherche d’un emploi. Ils ne sont que 16 % à occuper un emploi et 7 % à suivre un stage. Les 23 % restants se déclarent inactifs. La situation des filles vis-à-vis de l’insertion professionnelle n’est guère plus favorable que celle des garçons.
En cinq ans, l’insertion professionnelle des jeunes s’est détériorée.
En effet, en 2005, 24 % des sortants se déclarent en emploi, 53 % cherchent un emploi, 13 % sont inactifs, et 9 % stagiaires. Si la proportion de ceux qui cherchent un emploi avoisine toujours les 50 % en Martinique, cette situation ne concerne qu’un tiers des lycéens au niveau national. Le taux d’emploi diminue nettement depuis 2005 et corrélativement la proportion d’inactifs (sans emploi
et n’en recherchant pas) progresse fortement.
Les raisons principales de l’« inactivité », au 1er février 2010, sont l’attente d’une autre formation (dans 74 % des cas), le souhait d’élever son enfant ou l’attente d’un évènement (10 %) et l’attente qu’un poste se libère dans les deux mois à venir (5 %).
Comparée à 2008, l’insertion professionnelle des jeunes n’évolue pas ; 2009 étant une année atypique avec une nette hausse du taux de chômage.
En 2010, le taux d’emploi n’est que de 16 %, soit un lycéen sur six sortants.
Au niveau national, le taux d’emploi dépasse les 50 % : 54 % en 2005 et de 58 % en 2008. Six contrats sur dix signés par les jeunes en emploi sont des contrats temporaires (CDD, intérim, contrats aidés). Les CDD représentent la majorité des contrats signés (39 %). 27 % des lycéens se sont vus offrir un contrat à durée indéterminée (CDI) à la sortie du système éducatif ; Il s’agit principalement des sortants de BEP (soit 29 % d’entre eux), de BTS (28 %) et de baccalauréat professionnel (28 %). Les contrats de professionnalisation représentent 8 % de l’ensemble des contrats signés. Ils concernent davantage les sortants de baccalauréat professionnel (11 % d’entre eux) et les sortants de BTS (9 %).
Les services aux particuliers, l’enseignement, et la santé sont les secteurs qui recrutent le plus de sortants : ensemble, ces deux branches rassemblent 35 % des embauches. Le secteur des banques et assurances et celui de l’agriculture sont ceux qui engagent le moins de sortants. Par ailleurs, les branches d’activité « services aux particuliers », « enseignement et santé » restent les meilleures pourvoyeuses d’emploi pour les filles tandis que ces dernières sont totalement absentes des secteurs liés à l’agriculture et au « bâtiment gros oeuvre ». Ce dernier secteur est en revanche celui qui emploie le plus de garçons (15 %).
Plus le diplôme est élevé, plus le taux d’emploi augmente. Ce sont les titulaires d’un BTS qui s’insèrent le mieux dans le monde du travail (35 %), devant les diplômés d’un baccalauréat général, technologique ou brevet de technicien (21 %).
Ces derniers s’insèrent mieux que les titulaires d’un baccalauréat professionnel (16 %).
Enfin, les titulaires d’un BEP ou CAP (diplômes de niveauV) trouvent plus facilement un emploi (14 %) que les sortants sans diplôme (6 %). Les non diplômés sont dans 61 % des cas à la recherche d’un emploi.
En 2010, le taux d’emploi des formations du domaine des services est supérieur de 4,7 points à celui des formations du domaine de la production.
Ainsi, pour un niveau de formation équivalent, sauf celui des terminales professionnelles, les sortants des formations relevant du domaine des services s’insèrent mieux que ceux des formations relevant du domaine de la production.
Définitions
Taux d’emploi : Rapport entre les personnes en emploi et l’ensemble des sortants (y compris les inactifs).
Niveau V : Formation de second cycle court professionnel (CAP, BEP, Mention complémentaire de niveau V).
Niveau IV : Formation de type Mention complémentaire de niveau IV, brevet professionnel, brevet de technicien, baccalauréat professionnel, baccalauréat technologique.
Niveau III : Formation en Bac+2, BTS ou DUT.
Niveaux II et I : Formartion de 2nd ou 3ème cycle universiatire, ou diplôme de grande école.
Le taux d’emploi varie fortement selon la spécialité du diplôme préparé. Dans le domaine de la production, les spécialités « énergie climatique », « électricité, électronique », « génie civil » permettent une meilleure insertion, contrairement aux spécialités « bâtiment », « habillement, mode, couture
» où le taux d’emploi des lycéens est très faible.
Dans le domaine des services, le taux d’emploi des jeunes est plus important pour les spécialités « santé », « sanitaires et sociales » et
« comptabilité, gestion ».
Cynthia-Sabine HARAL
Bertrand LAZZARI
Rectorat de Martinique
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